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/ le blues du solstice d'hiver
Guy Thibault, Ph.D., conseiller en recherche, Direction du sport et de l'activité physique
Pierre Zwiebel, M.D., psychiatre, Hôpital Hôtel-Dieu de Roberval
Durant les mois de novembre, décembre et janvier, plusieurs personnes subissent une sérieuse baisse
d'énergie mentale et n'ont plus du tout la motivation pour faire de l'activité physique. La cause
(et le traitement!) résideraient notamment dans la lumière et son effet sur la mélatonine,
l'hormone du sommeil.
En psychiatrie, on sait maintenant qu'avant et après le solstice
d'hiver, la diminution de la longueur du jour, et donc des heures
d'ensoleillement, affecte l'humeur des personnes qui habitent dans
l'hémisphère Nord et les rend généralement plus... sombres!
Dépression saisonnière
Si à peu près tout le monde est susceptible d'être au moins « un peu » affecté par la faible luminosité
des courtes journées hivernales, certains le seront d'une manière malheureusement très marquée, au point
de devenir complètement dysfonctionnels. On estime que chez à peu près 3 à 5 % de la population, enfants
comme adultes, les mois de grisaille riment avec déprime, d'où leur manque d'entrain. Ils n'ont pas envie
de faire de l'activité physique. En fait, ils n'ont franchement pas envie de faire quoi que ce soit. On dit
qu'ils souffrent de « dépression saisonnière » ou de « trouble affectif saisonnier ».
Ces personnes ont une sensibilité particulière aux modifications hormonales liées au manque d'ensoleillement,
ce qui les amène à ressentir divers symptômes, notamment les suivants : fatigue chronique, irritabilité,
tristesse, perte d'intérêt, manque d'initiative, troubles de concentration, baisse de la libido, besoin
exagéré de sommeil, faim excessive, fringales de sucre, etc.
Contrairement à l'impression que peuvent avoir les gens qui souffrent de dépression saisonnière et, surtout,
leur entourage, il ne s'agit pas de paresse, ni de faiblesse de caractère. Il s'agit plutôt d'une maladie
saisonnière, assez grave, mais pour laquelle on connaît aujourd'hui des traitements simples et à la portée de tous.
Luminothérapie
Puisque la dépression saisonnière résulte d'un manque de lumière, il suffit généralement de combler cette lacune
pour retrouver son entrain. Comment? Par la luminothérapie (on dit aussi photothérapie) qui consiste tout simplement
à s'exposer quotidiennement à une lumière d'intensité élevée équivalant à au moins 2 500 lux et, idéalement, variant de 5 000 à 10 000 lux.
Il s'agit par exemple de prendre le petit déjeuner devant une source de lumière particulièrement intense (mais pas
aveuglante). Les séances d'exposition à la lumière doivent se faire à heure fixe, idéalement le plus tôt possible
après le lever, et doivent durer entre 30 minutes et 2 heures. La thérapie doit s'étaler sur une à trois semaines
selon la gravité des cas. Mais, en général, les personnes qui commencent une luminothérapie en ressentent les
bienfaits après trois ou quatre séances seulement.
Lumière pour tous!
Puisque la dépression saisonnière résulte d'un manque de lumière, il suffit généralement de combler cette lacune
pour retrouver son entrain. Comment? Par la luminothérapie (on dit aussi photothérapie) qui consiste tout simplement
à s'exposer quotidiennement à une lumière d'intensité élevée équivalant à au moins 2 500 lux et, idéalement, variant de 5 000 à 10 000 lux.
Bouger pour l'humeur
Par ailleurs, il semble que l'exercice physique puisse améliorer l'humeur, surtout
s'il est effectué sous éclairage intense (2 500 à 4 000 lux). Des recherches menées à
Helsinki, en Finlande, ont démontré que sous un tel éclairage les bénéfices de l'exercice
physique sont meilleurs que sous un éclairage normal, en ce qui a trait notamment à la
réduction des symptômes de la dépression, et à l'amélioration de la santé mentale, de
l'humeur et de la vitalité. Ainsi, l'exercice physique dans un environnement très éclairé
semble avoir un effet salutaire sur l'humeur et certains aspects de la qualité de vie,
et ce, autant chez les personnes qui ne souffrent pas de dépression saisonnière que
chez celles qui en souffrent.
Comme la lumière est généralement plus forte à l'extérieur (même par temps couvert) qu'à
l'intérieur (même dans une pièce éclairée), vous avez intérêt à faire vos activités
physiques à l'extérieur, de préférence en milieu de journée. Mais,si ce n'est pas possible,
essayez de vous exposer le plus souvent à la lumière. Cela devrait vous aider à conserver
votre entrain et la forme!
Exercice physique et lumière
Le professeur Leppamaki et son équipe du Département recherche sur la santé mentale et l'alcool,
de l'Institut national de santé publique d'Helsinki en Finlande, ont démontré que chez les personnes
qui ne souffrent pas de dépression saisonnière, l'exercice physique effectué dans un environnement
éclairé a un effet positif sur leur humeur et leur qualité de vie.
Le professeur Pinchasov et son équipe de l'Institut de pathologie générale et d'écologie de la branche
sibérienne de l'Académie russe des sciences médicales ont observé qu'un programme d'exercice physique
a un effet aussi positif que la luminothérapie chez les personnes atteintes de dépression saisonnière.
Ils ont cependant démontré que l'entraînement est plus efficace que la luminothérapie chez les personnes
dont l'état dépressif ne dépend pas nécessairement des saisons.