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/ Résumés d'articles scientifiquesPoids et santé : relation en « U » chez les femmes de plus de 65 ans
Dolan CM et coll. Associations between body composition, anthropometry, and mortality in women aged 65 years and older. American Journal of Public Health 97(5):913-18, 2007.
Il est généralement admis que la morbidité augmente avec le surpoids, l’idéal étant d’avoir un indice de masse corporelle (IMC) se situant entre 18 et 25 kg/m2. Dans cette étude épidémiologique menée pendant huit ans auprès de 8029 femmes âgées de 65 ans et plus, on a observé une relation en « U » entre la mortalité (945 décès) et chacun des facteurs étudiés : masse maigre, masse grasse, pourcentage de graisse corporelle, IMC et circonférence de la taille.
On a trouvé les plus hauts taux de mortalité chez les femmes du premier quintile (poids faible ou normal) et du cinquième quintile (surpoids important) d’IMC. En revanche, c’est chez les femmes ayant un IMC entre 24,5 et 30 kg/m2, et donc accusant un petit surpoids, que le taux de mortalité était le plus bas, d’où la relation en « U ».
Conclusion : les femmes âgées de plus de 65 ans qui ont un léger surplus de poids devraient être physiquement actives, sans nécessairement chercher à perdre du poids.
L’activité physique : un traitement complémentaire pour la dépression majeure
Knubben K et coll. A randomised, controlled study on the effects of a short-term endurance training programme in patients with major depression. Br J Sports Med 41:29-33, 2007.
Il a été démontré que l’activité physique améliore l’humeur et diminue l’anxiété chez les personnes en bonne santé. Dans cette étude, on a cherché à évaluer les effets à court terme (10 jours) d’un programme d’exercice aérobie chez 38 sujets souffrant de dépression majeure. Leur état affectif a été mesuré au début et à la fin de l’étude à l’aide de tests cliniques. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes :
Les résultats des tests se sont révélés meilleurs chez les sujets du premier groupe, c’est-à-dire ceux qui ont pratiqué l’activité aérobie.
Conclusion : il faut recommander aux patients souffrant de dépression moyenne à majeure de faire de l’activité physique en complément à leur traitement. De plus, les séances quotidiennes d’exercice aérobie devraient commencer dès que le diagnostic est confirmé, particulièrement dans les cas où les traitements aux antidépresseurs prennent plusieurs semaines avant de faire effet.
Être physiquement actif et non-fumeur : facteurs déterminants de l’autonomie des personnes âgées de 70 à 75 ans
Haveman-Nies A et coll. Relation of dietary quality, physical activity, and smoking habits to 10-year changes in health status in older Europeans in the SENECA study. Am J Public Health 93(2):318-23, 2003.
Cette étude porte sur l’état de santé et les habitudes de vie d’Européens (216 hommes et 264 femmes) nés entre 1913 et 1918. Pendant les dix années de suivi, l’autonomie a diminué chez les hommes et les femmes, peu importe leurs habitudes vie : activité physique, tabagisme, régime alimentaire. Toutefois, les hommes inactifs et fumeurs présentaient un risque deux à trois fois plus élevé de déclin précoce de leur état de santé que les hommes actifs et non-fumeurs. Chez les femmes, seul un style de vie actif a été associé de façon certaine à une indépendance fonctionnelle.
Conclusion : l’activité physique est le facteur déterminant de l’autonomie des personnes âgées de 70 à 75 ans, encore plus que l’alimentation et le fait de ne pas fumer.
Les écoles secondaires devraient mettre l’accent sur la pratique quotidienne d’activités physiques
Cohen B et coll. Smoking, physical activity and breakfast consumption among secondary school students in a southwestern Ontario community. Can J Public Health 94(1):41-4, 2003.
Les chercheurs ont effectué un sondage auprès de 318 jeunes de 10e année (16 ans) dans trois écoles ontariennes pour déterminer la prévalence des habitudes de vie malsaines : tabagisme, faibles niveaux d’activité physique et absence de petit déjeuner. Plus du tiers de ces jeunes fument; seulement 42,8 % prennent un petit déjeuner (48,8 % de garçons et 36,1 % de filles) et près de 80 % des garçons et 66 % des filles sont physiquement actifs.
Les élèves qui sont actifs sont plus portés à prendre quotidiennement un petit déjeuner et, parmi les garçons, 60,4 % des non-fumeurs prennent un petit déjeuner par rapport à 31,9 % des fumeurs. De plus, les deux tiers des garçons sont préoccupés par le gain de poids, ce qui est semblable à ce que l’on observe chez les filles. Chez celles qui sont effectivement préoccupées par leur poids, une proportion élevée a tendance à être moins active physiquement ou à fumer. Elles ont également plus tendance à sauter le petit déjeuner.
Conclusion : la prévalence importante de mauvaises habitudes de vie chez les jeunes du secondaire, mise en lumière par ce sondage, devrait inciter les intervenants du milieu scolaire à faire de la prévention sur plusieurs plans : activité physique, nutrition et tabagisme.
En milieu de travail, des rencontres individuelles avec un kinésiologue incitent les employés à faire plus d’activité physique
Proper KI et coll. Effect of individual counselling on physical activity fitness and health: a randomized controlled trial in a workplace setting. Am J Prev Med 24(3):218-26, 2003.
La pratique régulière d’activités physiques prévient l’apparition de problèmes de santé majeurs qui sont liés à l’absentéisme au travail. On peut alors penser que les employés et les entreprises retireraient des avantages de la présence d’un kinésiologue sur les lieux de travail.
Dans cette étude, des employés de bureau ont été aléatoirement répartis dans un groupe d’intervention (n = 131) et dans un groupe contrôle (n = 168). Pendant neuf mois, les sujets du groupe d’intervention ont eu sept rencontres individuelles de 20 minutes avec un kinésiologue. Les sujets des deux groupes ont reçu de la documentation sur l’activité physique, la nutrition, le tabagisme, le stress, etc. Chez tous les sujets, la dépense énergétique quotidienne, la condition cardiorespiratoire, la prévalence de problèmes musculo-squelettiques, l’IMC, le pourcentage de graisse (plis cutanés), la pression artérielle et le profil lipidique ont été évalués avant et après le programme.
Chez les sujets du groupe d’intervention, on a observé des effets positifs en ce qui a trait :
Conclusion : des rencontres individuelles régulières avec un kinésiologue motivent les employés de bureau à adopter de saines habitudes de vie et, ainsi, à améliorer leur condition physique et leur santé.
Activité physique et amélioration de la qualité de vie : influence positive des omnipraticiens et des kinésiologues
Elley CR et coll. Effectiveness of counselling patients on physical activity in general practice: cluster randomised controlled trial. Br Med J 326:793-8, 2003.
Pour cette étude, 878 personnes sédentaires âgées de 40 à 79 ans ont reçu de leur médecin de famille des conseils verbaux et écrits sur l’activité physique. Par la suite, des kinésiologues téléphonaient régulièrement aux participants du groupe d’intervention pour leur prodiguer conseils et encouragements. Les sujets du groupe contrôle ne recevaient que les soins usuels et les conseils verbaux et écrits de leur médecin de famille.
Au terme des 12 mois de l’étude, la dépense énergétique hebdomadaire des patients avait augmenté de 9,4 kcal/kg. Le nombre de personnes du groupe d’intervention qui effectuaient 2,5 heures/semaine d’activité physique de loisir d’intensité moyenne ou élevée a augmenté de 14,6 %, comparativement à 4,9 % seulement chez les sujets du groupe contrôle. Une tendance à la baisse de la pression sanguine a aussi été observée chez les participants du groupe d’intervention.
Conclusion : les médecins de famille devraient inciter leurs patients à augmenter leur activité physique, et le suivi devrait être assuré par des kinésiologues.
Maintien du poids après un court programme d’amaigrissement : niveau d’activité physique élevé et alimentation équilibrée
Mitsuhashi E et coll. Body weight fluctuation and life-style change after short-term weight reduction programs. Nippon Koshu Eisei Zasshi 50(2):136-45, 2003.
Cette étude avait pour but de déterminer si les femmes réussissaient à maintenir le poids perdu et quels étaient les facteurs associés à ce maintien. Pendant 12 semaines, 128 femmes ont suivi un programme de perte de poids – entraînement physique et éducation nutritionnelle individuelle une fois par semaine – au Health Promotion Center de Tokyo.
Leur IMC moyen était respectivement de 26,7 et 25,5 kg/m2 au début et à la fin du programme. Quatre ans plus tard, leur IMC était en moyenne de 25,8 kg/m2, ce qui est significativement plus élevé que la valeur rapportée à la fin du programme. Ainsi :
Le volume d’activité physique quotidien (nombre de pas marchés) était significativement plus bas chez les femmes du « groupe-rebond » que chez celles du « groupe-maintien ».
Conclusion : le maintien du poids après amaigrissement passe par un niveau élevé d’activité physique.
Faire de l’activité physique régulièrement pendant la grossesse réduirait le risque de donner naissance à un bébé de petit poids
Leiferman JA et KR Evenson The effect of regular leisure physical activity on birth outcomes. Matern Child Health J 7(1):59-64, 2003.
Les effets de la pratique régulière d’activités physiques sur la durée de la grossesse et le poids des bébés à la naissance ont été examinés chez 9089 femmes. Les femmes qui ne pratiquaient pas régulièrement une activité physique avant et pendant leur grossesse se sont révélées plus sujettes à donner naissance à des bébés de très petit poids (< 1500 g), comparativement aux femmes qui demeuraient physiquement actives pendant leur grossesse.
De plus, les femmes actives qui avaient cessé de pratiquer des activités physiques pendant leur grossesse risquaient davantage de donner naissance à des bébés de petit poids (1500 à 2499 g) ou de très petit poids que celles qui étaient restées physiquement actives pendant leur grossesse. En revanche, on n’a pas établi de relation significative entre la pratique régulière d’activités physiques et la durée de la grossesse.
Conclusion : les femmes dont la grossesse se déroule bien ont avantage à demeurer physiquement actives.
Contrer les conséquences de la sédentarité chez les adolescents
Harrell JS et coll. Assessing physical activity in adolescents: common activities of children in 6th-8th grades. J Am Acad Nurse Pract 15(4):170-8, 2003.
On sait qu’un mode de vie actif est important pour prévenir l’obésité et d’autres maladies chroniques ainsi que pour préserver la santé. Dans cette étude, les chercheurs ont évalué le volume d’activité physique de 1211 garçons et filles âgés entre 11 et 14 ans. Les principales activités favorites étaient le football, le basketball, le vélo, la course et le baseball chez les garçons, et la course, la marche, le vélo et la danse chez les filles.
La moyenne de la dépense énergétique des activités physiques exprimée en MET était de 5,3 pour les garçons et de 4,3 pour les filles. Lorsque la dépense énergétique est classée par année scolaire, les élèves de 6e année avaient une moyenne de 4,9 MET et les élèves de 8e année, une moyenne de 4,5 MET. Par ailleurs, les filles plus âgées et les enfants de parents plus scolarisés avaient des activités plus sédentaires que les autres jeunes.
Conclusion : les responsables de la santé dans les écoles devraient interroger les adolescents sur leurs activités physiques, ainsi que les encourager à poursuivre la pratique d’activités vigoureuses et à réduire le temps consacré aux occupations sédentaires.
Un peu, c’est déjà beaucoup
Church TS et coll. Effects of different doses of physical activity on cardiorespiratory fitness among sedentary, overweight or obese postmenopausal women with elevated blood pressure: A randomized controlled trial. JAMA 19:2081-91, 2007.
Cette étude récente menée auprès de femmes postménopausées obèses et hypertendues confirme ce qu’avançait le premier avis du Comité scientifique de Kino-Québec : pour les personnes sédentaires, faire ne serait-ce qu’un peu d’activité physique, c’est déjà beaucoup sur le plan de la santé.
Les sujets ont été répartis en trois groupes : activité physique de 4 kcal/kg/sem (soit à peu près 72 min/sem), 8 kcal/kg/sem (soit à peu près l’équivalent du volume généralement recommandé d’activité physique) et 12 kcal/kg/sem.
| Groupe | Avant |
Après le programme d’activité physique |
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|---|---|---|---|
VO2 max (ml/kg/min) |
VO2 max (ml/kg/min) |
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| Contrôle | 15,6 |
15,5 (– 0,64 %) |
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| Activité physique |
4 kcal/kg/sem | 15,5 |
16,2 (+ 4,52 %) |
| 8 kcal/kg/sem | 14,9 |
16,4 (+10,07 %) |
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| 12 kcal/kg/sem | 16,0 |
16,8 (+ 5,0 %) |
|
Conclusion : faire chaque semaine ne serait-ce que 72 minutes (en 3 séances) d’activité physique aérobie s’accompagne d’une nette amélioration de l’aptitude aérobie. Voilà qui est encourageant pour les personnes sédentaires qui ne se sentent pas capables d’atteindre le niveau généralement recommandé d’activité physique. À noter cependant que l’amélioration de l’aptitude aérobie était plus importante chez les sujets qui avaient effectué un plus grand volume d’exercice physique, ce qui confirme un autre élément clé du premier avis du Comité scientifique de Kino-Québec : faire plus d’activité physique, c’est toujours mieux!